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Vendre son entreprise avant l’élection 2027 ?

Vendre son entreprise avant l’élection présidentielle de 2027 : maintenant ou jamais ?

Il y a une question que de nombreux dirigeants de TPE et PME repoussent depuis des mois, parfois des années. Une question inconfortable, chargée d’enjeux personnels autant que patrimoniaux : est-ce le bon moment pour céder mon entreprise ?

Aujourd’hui, cette question mérite une réponse directe. Si vous envisagez de céder votre entreprise dans les 3 à 5 prochaines années, le calendrier politique et fiscal de 2027/2028 mérite toute votre attention. Voici pourquoi.

Infographie en 4 étapes pour préparer sereinement la cession de son entreprise avant 2027 : valorisation, simulation fiscale, définition du seuil de décision, et anticipation du délai de cession

Ce que l’histoire nous a déjà appris

Les dirigeants d’entreprise ont souvent tendance à raisonner à partir de la situation actuelle. Pourtant, l’histoire récente montre que les règles fiscales applicables aux cessions d’entreprise peuvent évoluer rapidement lorsqu’un nouveau cycle politique s’ouvre.

Les professionnels de la transmission se souviennent encore de l’accélération observée à l’approche des réformes fiscales intervenues au début des années 2010. De nombreux dirigeants avaient alors choisi de sécuriser leur cession avant l’entrée en vigueur de nouvelles règles jugées moins favorables. Le marché de la transmission avait enregistré cette année-là un pic historique de transactions avant de se contracter significativement les années suivantes.

L’objectif n’est pas de prédire une réforme identique. L’objectif n’est pas non plus de faire de la politique. Mais un constat demeure : lorsque les règles fiscales évoluent, il est souvent trop tard pour réorganiser sereinement une opération de cession déjà engagée.

Or la situation budgétaire actuelle de la France laisse penser que la fiscalité du patrimoine, du capital et des mécanismes d’organisation patrimoniale restera un sujet majeur des prochaines années, quel que soit le résultat de l’élection. Pour un dirigeant envisageant une transmission à horizon de 3 à 5 ans, la question mérite donc d’être posée dès aujourd’hui. Non pas parce qu’une réforme est certaine. Mais parce qu’une réforme n’est plus un scénario théorique.


Un cadre fiscal favorable… mais pour combien de temps ?

Dirigeant d'entreprise consultant ses documents financiers avant de décider de céder son entreprise avant l'élection présidentielle de 2027

Le cadre fiscal actuel de la cession de PME résulte de nombreuses années d’ajustements. Il n’est ni parfait ni définitif. Mais il reste aujourd’hui relativement favorable aux dirigeants qui cèdent leur entreprise.

Parmi les principaux dispositifs actuellement applicables figurent :

Le prélèvement forfaitaire unique (PFU)

Le PFU, souvent appelé « flat tax », permet aujourd’hui d’imposer les plus-values de cession au taux global de 31,4 %. Il apporte visibilité, simplicité et stabilité.

L’abattement de 500 000 € pour départ à la retraite

Les dirigeants qui cèdent leur entreprise à l’occasion de leur départ à la retraite peuvent bénéficier d’un abattement spécifique pouvant atteindre 500 000 € sur leur plus-value imposable. Pour de nombreux dirigeants âgés de 55 à 65 ans, il s’agit d’un avantage particulièrement significatif.

Ce dispositif a d’ailleurs été prorogé jusqu’en 2031, ce qui ne signifie pas qu’il sera maintenu dans sa forme actuelle au-delà.

Le Pacte Dutreil

Le Pacte Dutreil demeure l’un des outils les plus puissants de transmission familiale d’entreprise. Il permet une exonération de 75 % de la base taxable aux droits de mutation sous certaines conditions d’engagement de conservation des titres.

Le dispositif d’apport-cession (article 150-0 B ter)

Ce mécanisme permet, sous certaines conditions, de reporter l’imposition d’une plus-value lorsqu’un dirigeant apporte ses titres à une holding avant leur cession puis réinvestit dans l’économie réelle. C’est aujourd’hui l’un des principaux outils de réorganisation patrimoniale des entrepreneurs. Il a déjà fait l’objet de plusieurs durcissements successifs ces dernières années.

Ces dispositifs existent. Ils fonctionnent. Mais aucun n’est intangible.

Faire une estimation de mon entreprise

8 à 12 mois : le délai que personne ne voit venir

Tableau comparatif des dispositifs fiscaux applicables à la cession d'entreprise et leur probabilité d'évolution après l'élection présidentielle de 2027 : apport-cession 150-0 B ter, Pacte Dutreil, PFU, holdings patrimoniales

L’élection présidentielle se tiendra au printemps 2027. Le futur gouvernement présentera ensuite son premier projet de loi de finances à l’automne 2027. Les principales mesures fiscales entreront alors généralement en vigueur au 1er janvier 2028.

Ce calendrier est parfaitement prévisible. Celui d’une cession d’entreprise l’est également. Entre la décision de vendre et la signature définitive, il faut généralement compter :

  • 8 à 12 mois pour une TPE ou une PME
  • Parfois davantage pour les dossiers complexes ou les secteurs spécifiques

Ce délai comprend la préparation du dossier, la valorisation, la recherche des acquéreurs, les négociations, la lettre d’intention, les audits d’acquisition, le financement, la documentation juridique et le closing.

Un dirigeant qui souhaiterait bénéficier du cadre fiscal actuellement en vigueur ne peut probablement pas attendre l’automne 2027 pour engager sa réflexion. À cette date, il sera déjà trop tard pour lancer sereinement un processus de cession.


Pourquoi 2028 inquiète les spécialistes de la transmission

Personne ne connaît aujourd’hui le résultat de l’élection présidentielle. Personne ne connaît davantage le contenu exact du futur projet de loi de finances. En revanche, certains constats sont objectifs.

Frise chronologique illustrant le calendrier d'une cession d'entreprise en regard de l'élection présidentielle de 2027 et de l'entrée en vigueur d'une éventuelle réforme fiscale au 1er janvier 2028

La France fait aujourd’hui face à un niveau d’endettement historiquement élevé, des déficits publics importants et une pression croissante en faveur du redressement des finances publiques. Quel que soit le futur gouvernement, la recherche de recettes budgétaires supplémentaires restera probablement un sujet majeur.

Or les dispositifs bénéficiant aux dirigeants et aux détenteurs de patrimoine figurent régulièrement parmi les mécanismes examinés lors des débats fiscaux, non par hostilité aux entrepreneurs, mais parce qu’ils représentent des volumes fiscaux significatifs.

L’histoire récente montre d’ailleurs que les grands dispositifs fiscaux sont rarement supprimés du jour au lendemain. Ils sont plus souvent encadrés, plafonnés, durcis ou soumis à davantage de conditions, ce qui peut suffire à dégrader sensiblement l’équation d’une cession.


Les dispositifs dans le viseur, état des lieux

Tous les dispositifs fiscaux ne présentent pas le même niveau de risque. Certains ont déjà fait l’objet de durcissements successifs ces dernières années. D’autres pourraient naturellement attirer l’attention d’un futur gouvernement confronté à des contraintes budgétaires importantes.

Illustration du mécanisme du Pacte Dutreil appliqué à la transmission familiale d'une PME, permettant une exonération de 75 % de la base taxable aux droits de mutation sous conditions d'engagement de conservation des titres

Le dispositif d’apport-cession

Le régime de l’article 150-0 B ter a déjà connu plusieurs durcissements successifs : conditions de remploi renforcées, investissements éligibles davantage encadrés, obligations déclaratives plus nombreuses, contrôles de l’administration fiscale accrus. Pour de nombreux praticiens, il s’agit aujourd’hui du dispositif présentant le risque d’évolution le plus élevé à court terme.

Les holdings patrimoniales

Depuis plusieurs années, l’administration fiscale renforce son attention sur la substance économique des holdings, leur fonctionnement réel et leur rôle dans les opérations patrimoniales. Cette tendance devrait vraisemblablement se poursuivre, indépendamment du résultat de l’élection.

Les exonérations de plus-values

Dans un contexte budgétaire tendu, les régimes dérogatoires constituent régulièrement des cibles naturelles de réforme. Même sans suppression, des restrictions ou des plafonnements restent envisageables.

Le Pacte Dutreil

Sa suppression paraît peu probable compte tenu de son importance économique reconnue. En revanche, un renforcement des contraintes, allongement des engagements, durcissement des critères, encadrement accru des holdings animatrices, constitue un scénario crédible.

Le PFU

Le prélèvement forfaitaire unique a apporté une stabilité appréciable depuis sa création. Mais son niveau reste régulièrement débattu dans le contexte budgétaire actuel.


100 000 € de plus sur votre facture fiscale : le scénario du possible

Prenons un exemple simple. Un dirigeant qui réalise une plus-value de cession de 2 millions d’euros supporte aujourd’hui une imposition d’environ 600 000 € au titre du PFU.

Infographie illustrant les étapes et la durée moyenne d'une cession de TPE ou PME, de la décision de vendre jusqu'au closing, soit 10 à 15 mois en moyenne

Si demain la fiscalité applicable augmentait de seulement 5 points, la facture progresserait d’environ 100 000 €. Pour beaucoup de dirigeants, 100 000 € représentent plusieurs années de revenus complémentaires à la retraite, un investissement immobilier, ou une partie significative du patrimoine transmis à leurs enfants.

Et cet exemple ne tient pas compte d’une remise en cause plus profonde des mécanismes d’organisation patrimoniale, apport-cession, holding, Dutreil, dont les effets peuvent être bien plus importants encore.

La question n’est donc pas de savoir si une réforme aura lieu. La question est de savoir si vous êtes prêt à prendre ce risque.


Trois scénarios pour 2028 : lequel vous concerne ?

Scénario n°1 : la stabilité fiscale

Les principaux dispositifs actuels sont maintenus. Quelques ajustements techniques interviennent mais sans remise en cause majeure. Dans cette hypothèse, les dirigeants ayant anticipé leur cession n’auront pas été pénalisés. Ils auront simplement sécurisé leur opération dans un cadre connu ,ce qui, en matière patrimoniale, constitue déjà une valeur en soi.

Scénario n°2 : le durcissement progressif

Les grands mécanismes demeurent, mais leurs conditions deviennent plus exigeantes. Les obligations de réinvestissement augmentent. Les contrôles se renforcent. Les avantages fiscaux sont davantage encadrés et plafonnés. Il s’agit probablement du scénario le plus crédible au vu des tendances observées depuis plusieurs années.

Scénario n°3 : une réforme plus marquée

Dans un contexte budgétaire particulièrement dégradé, un gouvernement pourrait choisir de renforcer davantage la fiscalité du capital et du patrimoine, avec des conséquences significatives sur le PFU, certains régimes d’exonération ou les mécanismes de report d’imposition. Ce scénario n’est pas aujourd’hui le plus probable. Mais il ne peut être exclu. Et lorsqu’une réforme de cette ampleur est annoncée, il est généralement trop tard pour réorganiser sereinement une opération de cession.


Êtes-vous dans la fenêtre de tir ?

Vous êtes particulièrement concerné si vous vous reconnaissez dans l’une de ces situations :

Simulation chiffrée comparant l'imposition d'une plus-value de cession de 2 millions d'euros au taux actuel du PFU à 30 % et à un taux hypothétique de 35 %, illustrant un surcoût fiscal de 100 000 euros
  • Vous avez entre 55 et 65 ans et envisagez de céder dans les 3 à 5 prochaines années pour préparer votre retraite.
  • Votre entreprise représente l’essentiel de votre patrimoine et la plus-value de cession constitue un enjeu significatif.
  • Vous détenez une holding ou avez structuré un mécanisme d’apport-cession.
  • Vous préparez une transmission familiale et souhaitez bénéficier du Pacte Dutreil dans ses conditions actuelles.

À l’inverse, si votre entreprise est en forte croissance et que sa valorisation devrait progresser significativement d’ici 2 ou 3 ans, le gain sur la valeur peut parfois justifier d’attendre malgré une fiscalité potentiellement moins favorable. Chaque situation mérite une analyse spécifique.


Quatre étapes pour reprendre la main sur votre calendrier

Notre recommandation n’est pas de céder dans la précipitation. Notre recommandation est de ne pas confondre réflexion et inaction.

Étape 1 – Faites valoriser votre entreprise

Vous ne pouvez pas prendre une décision éclairée sans connaître la valeur réelle de votre société.

Étape 2 – Mesurez votre exposition fiscale

Une simulation réalisée avec votre conseil fiscal vous permettra de quantifier précisément l’enjeu selon différents scénarios.

Étape 3 – Définissez votre seuil de décision

Vous n’avez pas besoin de décider de vendre aujourd’hui. Mais vous pouvez décider à quelles conditions vous déciderez demain.

Étape 4 – Ne sous-estimez pas le temps nécessaire

Une cession réussie est rarement une cession précipitée.

Prendre contact avec un expert en vente d’entreprise

La question que tout dirigeant devrait se poser aujourd’hui

Schéma présentant les trois scénarios fiscaux possibles pour la cession d'entreprise après 2027 : stabilité des dispositifs, durcissement progressif, ou réforme marquée de la fiscalité du capital

Si vous aviez reçu une offre satisfaisante aujourd’hui, accepteriez-vous de vendre ?

Prenez quelques secondes pour répondre honnêtement à cette question. Si la réponse est non, alors le sujet n’est probablement pas fiscal. Votre entreprise n’est tout simplement pas encore au bon stade de votre réflexion patrimoniale ou personnelle.

Mais si la réponse est oui, alors la vraie question n’est peut-être plus de savoir si vous vendrez votre entreprise. Elle est de savoir quand. Et surtout de savoir si vous avez réellement intérêt à attendre.

Car une chose est certaine : le cadre fiscal actuel est connu. Celui de 2028 ne l’est pas. Lorsqu’un dirigeant envisage sérieusement une transmission dans les 3 à 5 prochaines années, la réflexion mérite souvent d’être engagée avant que les règles du jeu ne changent. Non pas pour vendre dans l’urgence. Mais pour conserver la maîtrise de son calendrier.


Une fenêtre, pas une urgence

Il serait malhonnête d’affirmer que le cadre fiscal sera nécessairement moins favorable après 2027. Personne ne le sait. En revanche, nous pouvons affirmer quatre choses avec certitude.

Portrait type d'un dirigeant de TPE entre 55 et 65 ans envisageant de céder son entreprise dans les 3 à 5 prochaines années pour préparer sa retraite, avec une holding ou un mécanisme d'apport-cession
  • Le cadre fiscal actuel est connu.
  • Le cadre fiscal de 2028 ne l’est pas.
  • Une cession d’entreprise nécessite généralement entre 8 et 12 mois.
  • L’inaction a parfois un coût considérable.

La question n’est donc pas : « Faut-il vendre avant 2027 ? » La vraie question est : « Si vous saviez avec certitude que les conditions fiscales allaient se durcir en janvier 2028, attendriez-vous encore ? »


Cabinet PME Partner, conseil en cession et transmission d'entreprise à Paris et Bordeaux, proposant un entretien de cadrage confidentiel et sans engagement aux dirigeants de TPE et PME souhaitant vendre leur entreprise

FAQ

Le cadre fiscal va-t-il forcément changer après l’élection de 2027 ?

Non, rien n’est certain. Aucune réforme n’est annoncée à ce jour. Mais dans un contexte de déficit public élevé, les dispositifs fiscaux favorables aux cessions d’entreprise – PFU, abattement retraite, apport-cession, Pacte Dutreil – figurent régulièrement parmi les pistes examinées lors des débats budgétaires. Le risque est suffisamment crédible pour mériter d’être anticipé.

Combien de temps faut-il pour vendre une TPE ou une PME ?

En moyenne, 8 à 12 mois séparent la décision de vendre et la signature définitive. Ce délai inclut la préparation du dossier, la valorisation, la recherche d’acquéreurs, les négociations, les audits et les formalités juridiques. Pour les dossiers complexes ou les secteurs spécifiques, ce délai peut être plus long.

Quels sont les dispositifs fiscaux les plus exposés à une réforme après 2027 ?

Le dispositif d’apport-cession (article 150-0 B ter) est celui que les praticiens considèrent comme le plus exposé, après plusieurs durcissements successifs ces dernières années. Les holdings patrimoniales font également l’objet d’une attention croissante de l’administration fiscale. Une hausse du PFU ou un encadrement renforcé du Pacte Dutreil sont des scénarios crédibles, mais moins immédiats.

Faut-il vendre précipitamment pour éviter une réforme fiscale ?

Non. Une cession précipitée est rarement une bonne cession. L’objectif n’est pas de vendre dans l’urgence, mais d’engager la réflexion suffisamment tôt pour conserver la maîtrise du calendrier. Un dirigeant qui commence à s’organiser aujourd’hui peut viser un closing dans des conditions sereines d’ici fin 2026 ou début 2027.

Comment savoir si c’est le bon moment pour moi de vendre mon entreprise ?

La réponse dépend de votre situation personnelle, de la valeur de votre entreprise et de vos objectifs patrimoniaux. La première étape est une valorisation de votre société, complétée d’une simulation fiscale réalisée avec votre conseil. PME Partner propose un entretien de cadrage confidentiel et sans engagement pour vous aider à y voir plus clair.

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L’abattement pour durée de détention

Abattement pour durée de détention et cession d’entreprise : ce qu’il faut savoir

L’abattement pour durée de détention est un dispositif fiscal qui permet de réduire la plus-value imposable lors de la cession d’une entreprise, en fonction du nombre d’années de détention des titres. Il s’applique uniquement aux titres acquis ou souscrits avant le 1er janvier 2018, et à condition d’opter pour l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu plutôt que pour la flat tax. Le taux d’abattement est de 50 % pour une détention de 2 à 8 ans, et de 65 % au-delà de 8 ans. Un abattement renforcé de 85 % s’applique aux créateurs d’entreprise ou aux dirigeants partant à la retraite remplissant certaines conditions. Les prélèvements sociaux (18,6 % depuis 2026) restent dus sur la totalité de la plus-value, sans abattement.

Lorsque le dirigeant cède son entreprise, il doit généralement passer par la case imposition… Mais c’est quelque chose qu’il connaît bien.

Il existe divers aspects à la fiscalité de la cession d’entreprise que vous pouvez retrouver dans notre article dédié.

Pour ceux qui n’ont pas la chance de partir à la retraite après avoir cédé leur affaire ou de bénéficier du régime particulièrement intéressant de l’apport-cession, il reste deux options : l’abattement pour durée de détention avec l’imposition au barème ou la Flat Tax à 30%.

Nous allons ici nous concentrer sur l’abattement pour durée de détention :

abattement fiscalite cession entreprise

Les conditions et les bases de l’abattement pour durée de détention

Pour les titres acquis ou souscrits avant 2018, le contribuable qui opte pour l’imposition de la plus-value au barème progressif de l’impôt sur le revenu peut bénéficier d’un abattement pour durée de détention appliqué sur le montant de la plus-value imposable.

Attention, suite à la loi de finance 2018, cette mesure ne s’applique pas aux titres acquis ou souscrits après 2018.

Voici comment cette plus-value (réalisée suite à la vente de l’entreprise) se calcule :

  • En cas de création de la société, elle est égale au prix de vente auquel on retranche le montant du capital social.
  • Si le cédant avait lui-même racheté l’entreprise initialement, elle est égale au prix de vente auquel on retranche le prix auquel il l’a lui-même initialement acheté.

L’abattement général pour durée de détention

Il est important de prendre en compte les critères de base de cet abattement :

abattement fiscalite cession entreprise
  • les titres doivent être cédés par une personne physique imposée en France, ou sa société civile à l’IR,
  • l’’abattement s’applique à la vente de parts sociales ou actions, même détenues en nue-propriété ou usufruit uniquement. Par contre, certains titres ne peuvent pas bénéficier de l’abattement, notamment ceux acquis au titre de stock-options, BSPCE ou BSA.

Ainsi tout dirigeant actionnaire d’une entreprise dont les titres sont des parts sociales ou des actions, et qui est imposé en France peut bénéficier de l’abattement général.

En fait, tous ceux qui répondent à ces critères mais ne rentrent pas dans le cadre de l’abattement renforcé peuvent bénéficier de l’abattement dit « général ».

abattement fiscalite cession entreprise

L’abattement renforcé pour durée de détention

Dans 3 cas bien spécifiques, le dirigeant cédant son entreprise peut bénéficier de l’abattement dit « renforcé » :

abattement fiscalite cession entreprise
  • soit il s’agit d’une « PME nouvelle »
  • soit il s’agit d’un groupe familial
  • ou enfin le dirigeant part à la retraite

Dans le premier cas, reportez-vous à la définition en bas de l’article pour en voir le détail, mais en résumé il doit s’agir d’une entreprise que le dirigeant a créée lui-même, il y a moins de 10 ans, qui a moins de 250 salariés et moins de 50 M€ de CA.

Dans le second cas, bien spécifique, rapprochez-vous de vos conseils habituels, il s’agit de cas bien particuliers !

Enfin dans le cas du départ à la retraite du dirigeant, il peut bénéficier de l’abattement renforcé dans les conditions suivantes :

  • qu’il ait exercé de manière continue son activité pendant au moins 5 ans avant de céder ses titres,
  • qu’il ait détenu, seul ou en famille, au moins 25% du capital social pendant au moins 5 ans avant de céder ses titres,
  • que ses fonctions de direction lui aient apporté au moins 50% de ses revenus professionnels de manière continue pendant au moins 5 ans avant de céder ses titres,
  • qu’il cesse toute fonction de direction suite à la cession et qu’il fasse valoir ses droits à la retraite dans les 2 ans qui précèdent ou suivent la cession,
  • que la société compte moins de 250 salariés et réalise moins de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires ou moins de 43 millions d’euros de total bilan (condition appréciée à la clôture du dernier exercice clos précédent l’acquisition ou la souscription des titres, ou, à défaut, à la date de clôture du premier exercice).
abattement fiscalite cession entreprise

Chiffres et exemples du calcul de l’abattement pour durée de détention

Voici déjà le tableau récapitulatif :

Abattement pour durée de détention vente entreprise

Attention : il faut garder en tête que l’abattement ne porte pas sur la CSG-CRDS ! Il y aura donc toujours 18,6% d’imposition pour commencer, et ensuite l’abattement s’appliquera…

Prenons deux exemples pour illustrer nos propos :

1- Monsieur Y cède aujourd’hui son entreprise qu’il a créé voilà 9 ans, avec un capital initial de 10 000 €. Il la vend pour un montant de 510 000€.

abattement fiscalite cession entreprise

Il réalise donc 510 k€ – 10 k€ = 500 k€ de plus-value.

Étant donné qu’il a créé la société depuis moins de 10 ans, Monsieur Y bénéficie de l’abattement renforcé. Et comme il a dirigé l’entreprise durant 9 ans, il bénéficie de l’abattement maximal, à savoir 85%.

2- Monsieur Z cède aujourd’hui son entreprise qu’il a racheté voilà 7 ans, pour un montant de 300 000 €. Il la vend aujourd’hui pour un montant de 800 000€.

abattement fiscalite cession entreprise

Monsieur Z réalise lui aussi 500 k€ de plus-value (prix de vente 800k€ – prix d’achat 300k€).

Malheureusement pour lui, étant donné qu’il n’est pas le créateur de l’entreprise et qu’il ne part pas à la retraite, il reste sur l’abattement général pour durée de détention, et ses 7 ans à la barre de l’entreprise ne lui apporteront que 50% d’abattement.

Plus-value identique mais situation différente, Monsieur Z sera bien plus taxé que Monsieur Y.

abattement fiscalite cession entreprise

L’abattement pour durée de détention s’applique-t-il encore en 2026 ?

L’abattement pour durée de détention s’applique uniquement aux titres acquis ou souscrits avant le 1er janvier 2018. Pour les titres acquis après cette date, seule la Flat Tax à 31,4% ou le barème progressif sans abattement s’appliquent. En 2026, ce dispositif reste donc en vigueur pour les dirigeants qui détenaient leurs titres avant 2018. Pour une vue d’ensemble, consultez notre article sur la fiscalité de la cession d’entreprise.

Quelle est la différence entre l’abattement général et l’abattement renforcé ?

L’abattement général s’applique à tout dirigeant cédant des parts sociales ou actions acquises avant 2018, imposé en France. Il atteint 50% après 2 ans de détention et 65% après 8 ans. L’abattement renforcé, plus avantageux, est réservé à trois situations : les PME de moins de 10 ans, les cessions dans un cadre familial, et les dirigeants partant à la retraite. Il peut atteindre 85% après 8 ans de détention. Voir aussi notre article sur l’abattement retraite lors de la vente d’entreprise.

L’abattement pour durée de détention s’applique-t-il sur la CSG-CRDS ?

Non. L’abattement pour durée de détention ne s’applique pas sur les prélèvements sociaux (CSG-CRDS). Quel que soit le taux d’abattement obtenu, les 18,6% de prélèvements sociaux restent dus sur la totalité de la plus-value. L’abattement ne porte que sur la part soumise à l’impôt sur le revenu. Pour en savoir plus sur les plus-values et abattements à la retraite.

Peut-on cumuler l’abattement pour durée de détention et l’abattement retraite ?

Non, ces deux dispositifs ne se cumulent pas. L’abattement pour départ à la retraite (exonération jusqu’à 500 000 € sous conditions) relève d’un régime distinct, prévu à l’article 150-0 D ter du CGI. Un dirigeant partant à la retraite a généralement intérêt à opter pour ce dispositif plutôt que pour l’abattement pour durée de détention, car il est souvent plus favorable. Une analyse au cas par cas avec un expert-comptable ou un avocat fiscaliste reste indispensable.

Quel est le montant de l’abattement pour durée de détention selon les années ?

Pour l’abattement général : 50% entre 2 et 8 ans de détention, 65% au-delà de 8 ans. Pour l’abattement renforcé : 50% entre 1 et 4 ans, 65% entre 4 et 8 ans, 85% au-delà de 8 ans. Ces taux s’appliquent sur la plus-value imposable à l’impôt sur le revenu, hors prélèvements sociaux. Pour estimer l’impact fiscal sur votre situation, consultez les coûts et frais liés à la cession d’entreprise.

Critères de définition d’une « PME nouvelle »:

  • elle est créée depuis moins de 10 ans (condition appréciée à la date de souscription ou d’acquisition des titres),
  • elle n’est pas issue d’une restructuration, d’une concentration, ou d’une extension ou reprise d’activités préexistantes,
  • elle compte moins de 250 salariés et réalise moins de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires ou moins de 43 millions d’euros de total bilan (condition appréciée à la clôture du dernier exercice clos précédent l’acquisition ou la souscription des titres, ou, à défaut, à la date de clôture du premier exercice),
  • elle est passible de l’impôt sur les bénéfices ou d’un impôt équivalent (condition appréciée de la date de création de la société jusqu’à la cession des titres),
  • elle exerce une activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale ou agricole (à l’exception de la gestion de patrimoine mobilier ou immobilier) (condition appréciée de la date de création de la société jusqu’à la cession des titres),
  • elle doit avoir son siège social dans un Etat de l’UE, ou dans un autre Etat partie à l’accord sur l’espace économique européen (EEE) ayant conclu une convention d’assistance administrative avec la France (condition appréciée de la date de création de la société jusqu’à la cession des titres),
  • et elle n’accorde aucune garantie en capital à ses associés ou actionnaires en contrepartie de leur souscription (condition appréciée de la date de création de la société jusqu’à la cession des titres).

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Article rédigé par l’équipe PME Partner, cabinet spécialisé en cession d’entreprise depuis 2013, Paris et Bordeaux.