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L’apport cession (150-0 B ter) : dernières évolutions

Ce que change réellement la loi de finances 2026

Depuis sa création, le mécanisme d’apport-cession (appelé aussi 150-0 B ter) est un outil incontournable de la structuration patrimoniale des dirigeants cédants.

Son principe est simple : différer l’imposition de la plus-value réalisée lors de la cession d’une entreprise, en créant une société holding avant la vente vouée à réinvestir les fonds.

La loi de finances pour 2026, publiée au Journal Officiel le 19 février 2026 sous le numéro LOI n° 2026-103, n’a pas supprimé ce dispositif. Elle en a toutefois durci les conditions à plusieurs égards, avec une entrée en vigueur pour les cessions de titres apportés intervenant à compter du 20 février 2026.

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Le principe du report d’imposition dans le cadre d’une cession d’entreprise

Reforme apport cession 150-0 B ter

L’article 150-0 B ter du CGI permet un report d’imposition de la plus-value constatée lors de l’apport des titres de la « fille » à la « holding », une société soumise à l’IS, dès lors que les conditions de contrôle sont remplies. Attention il ne s’agit pas d’une exonération définitive, mais d’un sursis de paiement : la plus-value est constatée au moment de l’apport, mais son imposition est simplement différée !

Concrètement, le dirigeant apporte les titres de sa société opérationnelle à une holding qu’il contrôle. Cette holding peut ensuite céder ces titres sans que la plus-value d’apport ne soit immédiatement taxée. La trésorerie ainsi dégagée peut alors être réinvestie dans de nouveaux projets économiques, sans frottement fiscal immédiat.

Retrouvez notre article complet sur le sujet de l’apport-cession dans le cadre d’une cession d’entreprise.

Conditions de fond pour bénéficier du report en cas de cession d’entreprise

  • La société bénéficiaire de l’apport doit être soumise à l’impôt sur les sociétés (ou impôt équivalent) et être établie dans un État membre de l’UE ou dans un État ayant conclu avec la France une convention fiscale avec clause d’assistance administrative.
  • L’apporteur doit exercer le contrôle effectif de la holding bénéficiaire, directement ou indirectement, seul ou conjointement, au sens de l’article 150-0 B ter CGI.
  • La plus-value doit être déclarée dans la déclaration annuelle de revenus (formulaire n° 2042-C), même si elle n’est pas immédiatement imposée.

Les événements qui mettent fin au report

Le report prend fin — et l’imposition devient exigible — lors de la survenance des événements suivants :

  • Cession, rachat, remboursement ou annulation des titres reçus en rémunération de l’apport ;
  • Cession des titres apportés par la holding dans les trois ans suivant l’apport, sans réinvestissement éligible dans le délai imparti ;
  • Transfert du domicile fiscal hors de France (exit tax).

À noter : le décès de l’apporteur entraîne en principe la « purge » de la plus-value en report, c’est-à-dire son extinction définitive. Ce mécanisme n’a pas été supprimé par la loi de finances 2026, bien que sa remise en cause ait été envisagée lors des débats parlementaires.

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Le régime antérieur à la réforme (jusqu’au 19 février 2026)

Avant l’entrée en vigueur de la loi de finances 2026, le maintien du report d’imposition en cas de cession des titres avant 3 ans par la holding était soumis à trois conditions principales :

  • Un réinvestissement d’au moins 60 % du produit de cession dans des activités économiques éligibles ;
  • Un délai de réinvestissement de 2 ans à compter de la cession ;
  • Une durée de conservation minimale de 1 an pour les actifs ou titres acquis dans le cadre du remploi.
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Ces exigences ne s’appliquaient que lorsque la holding cédait les titres apportés dans les 3 ans suivant l’apport. Au-delà de ce délai, aucune obligation de réinvestissement ne pesait sur la holding, le report étant maintenu tant qu’aucun événement déclencheur ne survenait.

Les activités éligibles au réinvestissement renvoyaient aux articles 34 et 35 du CGI (activités industrielles, commerciales, artisanales, libérales ou agricoles), à l’exclusion de la gestion du propre patrimoine mobilier ou immobilier de la société. Certaines activités immobilières professionnelles, comme le marchand de biens ou la promotion immobilière, se trouvaient dans une zone grise partiellement admise par la pratique.

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Les quatre axes de la réforme 2026 – dans le cadre d’une cession d’entreprise

La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 modifie l’article 150-0 B ter sur quatre points structurants, applicables aux cessions de titres apportés réalisées à compter du 20 février 2026.

Relèvement du quota de réinvestissement : de 60 % à 70 %

Lorsque la holding cède les titres apportés dans les trois ans suivant l’apport, elle doit désormais réinvestir au moins 70 % du produit de cession (contre 60 % auparavant) pour maintenir le bénéfice du report. La fraction de liquidités pouvant rester non investie se réduit donc mécaniquement, passant de 40 % à 30 % du prix de cession.

Exemple : pour un produit de cession de 2 000 000 €, la holding devra réinvestir au minimum 1 400 000 € dans des investissements éligibles, contre 1 200 000 € sous l’ancien régime.

Allongement du délai de réinvestissement : de 2 ans à 3 ans

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En contrepartie de ce relèvement du quota, le délai accordé à la holding pour effectuer son réinvestissement passe de 2 à 3 ans à compter de la cession des titres apportés. Cette extension répond à une contrainte opérationnelle fréquente, notamment pour les investissements directs dans des sociétés non cotées dont les processus de négociation et de closing peuvent être longs. La holding peut étaler ses investissements sur la période, à condition que le seuil cumulé de 70 % soit atteint au terme des 3 ans.

Durée de conservation des actifs remployés : de 1 an à 5 ans

Les actifs ou participations acquis par la holding dans le cadre du réinvestissement doivent désormais être conservés pendant au minimum 5 ans (contre 1 an auparavant). Cette mesure vise à ancrer le dispositif dans une logique d’investissement à long terme et à décourager les opérations spéculatives de court terme incompatibles avec l’objectif économique du texte.

Restriction et clarification des activités éligibles

La réforme 2026 modifie la référence légale utilisée pour définir les activités opérationnelles éligibles au réinvestissement. Désormais, la loi renvoie à l’article 199 terdecies-0 A, I, C, 3° du CGI (régime IR-PME), au lieu des articles 34 et 35 du CGI. Cette nouvelle référence s’accompagne d’exclusions explicites et significatives :

  • Les activités de gestion du propre patrimoine mobilier de la société (déjà exclues) ;
  • Les activités de construction d’immeubles en vue de leur vente ou de leur location ;
  • L’ensemble des activités immobilières (y compris le marchand de biens et la promotion immobilière, jusqu’alors partiellement admises).

Cette exclusion des activités immobilières marque une rupture nette avec la pratique antérieure. Les schémas reposant sur un réemploi dans des structures de type marchand de biens, value-add immobilier ou clubs deals immobiliers ne sont plus compatibles avec le maintien du report d’imposition.

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Dispositions spécifiques aux donations de titres de holding

La loi de finances 2026 introduit également des modifications ciblées sur le traitement des donations de titres reçus en rémunération de l’apport. Ces nouvelles règles s’appliquent aux cessions réalisées à compter du lendemain de la publication de la loi.

  • En cas de donation de titres de holding ayant bénéficié du report d’imposition, le délai pendant lequel le donataire doit conserver ses titres pour éviter l’imposition est allongé de 5 à 6 ans à compter de l’acquisition des titres.
  • Lorsque le réinvestissement a été effectué via des fonds de capital-investissement (FPCI, SCR, SLP ou équivalents), ce délai est porté à 11 ans (contre 10 ans auparavant).

Ces ajustements visent à prévenir les stratégies de contournement consistant à effectuer des donations à court terme pour mettre fin prématurément à l’imposition latente

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Tableau comparatif : avant et après la réforme 2026

CritèreAvant 2026Depuis le 20 février 2026
Quota de réinvestissement60 % du produit de cession70 % du produit de cession
Délai de réinvestissement2 ans3 ans
Durée de conservation1 an minimum5 ans minimum
Activités immobilièresPartiellement éligiblesExclues (sauf exceptions)
Donation — délai de suivi5 ans6 ans
Donation + fonds (FPCI)10 ans11 ans

* Ces évolutions s’appliquent exclusivement aux cessions de titres apportés réalisées à compter du 20 février 2026 (lendemain de la publication de la LOI n° 2026-103). Pour les cessions antérieures à cette date, l’ancien régime demeure applicable, même si le réinvestissement est réalisé ultérieurement.
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Implications pratiques et points de vigilance

La réforme 2026 n’invalide pas le recours au dispositif d’apport-cession pour les dirigeants souhaitant organiser la cession de leur entreprise. Mais elle modifie en profondeur son équilibre entre flexibilité patrimoniale et réinvestissement productif. Plusieurs points méritent une attention particulière.

Anticiper la structuration avant la cession

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Le facteur déterminant reste le calendrier de l’opération. Lorsque la holding conserve les titres apportés pendant plus de 3 ans avant de les céder, aucune obligation de réinvestissement ne s’applique — le report est maintenu de plein droit. Dans ce scénario, la réforme 2026 n’a aucun impact direct. En revanche, pour les cessions rapides (dans les 3 ans), la structuration doit être pensée très en amont de la transaction, avec une identification précise des investissements éligibles et des flux financiers prévisionnels.

Le risque de remise en cause du report

Le non-respect d’une seule condition — taux de 70 %, délai de 3 ans, conservation de 5 ans, nature de l’activité — entraîne la remise en cause automatique du report et l’imposition immédiate de la plus-value initiale, assortie d’intérêts de retard. Avec l’allongement des périodes de suivi et le resserrement des critères d’éligibilité, le risque d’erreur d’appréciation est significativement accru.

L’exclusion immobilière : un point de rupture

L’éviction des activités immobilières du champ du réinvestissement éligible constitue la modification la plus structurante pour de nombreux praticiens. Les contribuables ayant historiquement utilisé le 150-0 B ter pour réinvestir dans des stratégies immobilières professionnelles doivent impérativement revoir leur approche. Seuls les investissements dans des entreprises exerçant une activité industrielle, commerciale (hors immobilier), artisanale, agricole ou libérale seront désormais pris en compte.

Attente des commentaires du BOFiP

À la date de publication de cet article, les commentaires administratifs du BOFiP n’ont pas encore été mis à jour pour intégrer les nouvelles dispositions issues de la loi de finances 2026. Des précisions sont attendues notamment sur : le périmètre exact des activités immobilières exclues, l’articulation avec les investissements via des fonds (FPCI), et les situations de réinvestissement mixte. Une veille réglementaire active est donc indispensable.

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En synthèse

La loi de finances 2026 ne supprime pas le mécanisme d’apport-cession mais le reconfigure en profondeur pour les cessions rapides (dans les 3 ans suivant l’apport). Relèvement du quota à 70 %, allongement du délai à 3 ans, conservation des actifs sur 5 ans, exclusion des activités immobilières : autant de conditions qui transforment le dispositif en un outil d’investissement économique encadré, et non plus en un simple différé d’imposition à géométrie variable. Pour les dirigeants dont la stratégie patrimoniale repose sur ce régime, une révision de la structuration s’impose, idéalement avant la transaction et avec l’accompagnement d’un conseil fiscal spécialisé.

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FAQ — Apport-cession et article 150-0 B ter (réforme 2026)

Qu’est-ce que le mécanisme d’apport-cession ?
L’apport-cession consiste à apporter les titres de sa société à une holding que l’on contrôle, avant que cette holding ne les cède. La plus-value est constatée mais son imposition est différée — ce n’est pas une exonération, c’est un report.


Quelle est la différence entre report et sursis d’imposition ?
Le sursis (art. 150-0 B) s’applique quand vous apportez des titres à une société que vous ne contrôlez pas : la plus-value n’est même pas calculée. Le report (art. 150-0 B ter), c’est l’inverse : vous contrôlez la holding, la plus-value est calculée et déclarée, mais le paiement est mis en attente. Si vous ne respectez pas les conditions, l’imposition tombe immédiatement — avec intérêts de retard.


Quelles conditions faut-il remplir en 2026 ?
Trois conditions cumulatives : (1) votre holding doit être soumise à l’IS et vous devez en exercer le contrôle effectif ; (2) vous devez déclarer la plus-value dès l’année de l’apport, même sans payer ; (3) si votre holding revend les titres dans les 3 ans, elle doit réinvestir au moins 70 % du produit dans des activités éligibles, dans un délai de 3 ans, et conserver les actifs acquis pendant 5 ans minimum.


La holding doit-elle toujours réinvestir ?
Non — et c’est un point souvent mal compris. L’obligation de réinvestissement ne s’applique que si la holding cède les titres apportés dans les 3 ans suivant l’apport. Au-delà, aucune contrainte : le report est maintenu de plein droit.


L’immobilier est-il encore éligible après 2026 ?
Non, et c’est la rupture majeure de la réforme. La loi de finances 2026 exclut désormais explicitement toutes les activités immobilières : construction-vente, location, marchand de biens, promotion immobilière. Seules les activités industrielles, commerciales (hors immobilier), artisanales, agricoles ou libérales ouvrent encore droit au réinvestissement éligible.


Que se passe-t-il si on ne respecte pas les conditions ?
Le report tombe en totalité. La plus-value initiale devient immédiatement imposable, avec des intérêts de retard calculés depuis l’année de l’apport. Il n’existe pas de remise en cause partielle : une seule condition non respectée suffit à tout déclencher.


La réforme s’applique-t-elle aux opérations déjà engagées ?
Non. Les nouvelles règles ne visent que les cessions de titres apportés réalisées à partir du 20 février 2026. Si votre cession est antérieure à cette date, vous restez sous l’ancien régime — même si votre réinvestissement intervient après.


Que devient la plus-value en report si l’apporteur décède ?
Elle s’éteint définitivement — c’est la « purge ». Les héritiers n’héritent pas de la dette fiscale latente. Ce mécanisme favorable a été maintenu par la loi de finances 2026 malgré les débats parlementaires sur sa suppression.


L’apport-cession reste-t-il intéressant en 2026 ?
Oui — à condition de l’anticiper. Si votre holding conserve les titres plus de 3 ans avant de céder, la réforme ne change rien pour vous. Si vous envisagez une cession rapide, le schéma reste viable à condition d’identifier en amont vos cibles de réinvestissement éligibles, d’exclure toute stratégie immobilière, et de vous entourer d’un conseil fiscal compétent.

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Mention légale

Les informations publiées sur cette page ont été rédigées à titre purement informatif et pédagogique. Elles ne constituent pas un conseil juridique, fiscal ou patrimonial et ne sauraient se substituer à une consultation personnalisée auprès d’un professionnel qualifié (avocat fiscaliste, expert-comptable ou conseiller en gestion de patrimoine).

Bien que nous nous efforcions de maintenir ces informations à jour, la législation fiscale évolue régulièrement. Nous ne pouvons garantir l’exactitude, l’exhaustivité ou l’actualité des informations présentées à la date de votre lecture. Tout lecteur est invité à vérifier les textes en vigueur sur Légifrance et à consulter le BOFiP pour les commentaires administratifs applicables.

L’éditeur de ce site décline toute responsabilité quant aux décisions prises sur la base des informations contenues dans cet article.

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Entreprise à céder pour retraite : cession ou risque ?

Entreprise à céder pour cause de retraite : opportunité ou risque ?

D’après une étude de BPCE Observatoire, qui analyse l’environnement de la transmission-cession des entreprises, ce sont environ 75 000 entreprises qui sont à céder chaque année en France. Une entreprise à céder pour cause de retraite est souvent considérée comme l’option idéale, mais il s’avère que c’est de moins en moins vrai.

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D’ailleurs, d’après l’étude de la CCI Paris Île-de-France « Panorama 2017 de la cession-reprise d’entreprise en Île-de-France », une entreprise sur trois a à sa tête un dirigeant de 55 ans ou plus, impliquant une problématique de transmission dans les 10 ans à venir. Potentiellement, ce sont donc 278 900 entreprises de moins de 50 salariés (en Ile de France uniquement) qui sont ou vont être concernées à court ou moyen terme par la problématique du changement de dirigeant. Autant d’entreprises à céder pour cause de retraite !

Sommaire rapide :

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Entreprise à céder pour cause de retraite : opportunité ou risque ?

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Reprendre une entreprise à céder pour cause de retraite est souvent considéré par les repreneurs par une opportunité plus intéressante que d’autres ; parfois à raison, mais souvent à tort. Le marché de la transmission d’entreprises n’est plus comme il était, et la cession de son affaire au moment de partir à la retraite est pour beaucoup de cédants une manière de profiter d’une retraite dorée.

Nous allons analyser les avantages et inconvénients d’une entreprise à céder pour cause de retraite, afin que vous disposiez d’un maximum d’éléments le jour de prendre votre décision. Car reprendre une entreprise à céder pour cause de retraite n’est pas aussi « facile et évident » que cela peut paraître.

Nous allons d’ailleurs commencer par attaquer les idées reçues concernant le créneau de l’entreprise à céder pour cause de retraite :

Anticipez votre projet de cession dès aujourd’hui !
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Idée reçue n°1 : la fameuse vague de départ à la retraite de chefs d’entreprise du « baby boom ».

Seul 17% des chefs d’entreprise de plus de 60 ans sont vraiment préparés pour céder leur affaire. Beaucoup de TPE meurent de « cause naturelle », car leur dirigeant a simplement laissé son affaire se réduire puis s’éteindre, laissant les salariés partir au fur et à mesure, car ils n’ont « pas besoin de plus pour vivre». Parmi les cessations après 60 ans, 75% sont des morts naturelles.

En effet trouver une entreprise à céder pour cause de retraite n’est pas si évident, car beaucoup de dirigeants de TPE sont effrayés par la complexité de l’opération, par le coût des conseils, ou simplement par la faible valeur de leur entreprise sur le marché.

En considérant une base de 75 000 entreprises à vendre chaque année, plus de 80% des opérations de cessions de TPE interviennent avant 60 ans d’une part, et le taux de cession baisse après 65 ans d’autre part.

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Le nombre d’entreprises à céder pour cause de retraite ne représente donc aujourd’hui que 20% du marché, pourtant cette « vague » de départ à la retraite est attendue depuis quelques années !

En effet, la période du baby-boom s’étale en France de 1945 à 1965 ; or, en considérant un âge de la retraite à 60 ans (avant 2017), cela signifie que les baby-boomers ont commencé à arriver à l’âge de la retraite en 2005 !

Autre aspect à considérer, beaucoup d’entreprises créées par ces entrepreneurs issus du « baby-boom » sont des entreprises :

  • individuelles : ce qui signifie qu’ils n’ont pas réellement une « entreprise » à céder mais plutôt une clientèle, pour peu que l’intuitu personae ne soit pas trop important
  • artisanales : avec des métiers qui n’attirent plus où pour lesquels l’évolution des technologies (ou du marché) ont fait que leur transmission est quasi impossible.

Enfin certains n’imaginent juste pas pouvoir céder leur affaire et préfèrent simplement fermer boutique.

Il ne faut donc pas trop compter sur cette « vague » pour trouver une entreprise à céder pour cause de retraite. Le départ des dirigeants à la retraite a un impact limité sur les cessions d’entreprises.

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Idée reçue n°2 : une entreprise à céder pour cause de retraite revient moins cher

Ce n’est pas faux en soit, mais considérer qu’une entreprise à céder pour cause de retraite revient moins cher est de moins en moins vrai.

Plusieurs raisons expliquant qu’une entreprise à céder pour cause de retraite ne revient pas moins cher :

  • Les dirigeants d’entreprises, comme tous, vivent de plus en plus vieux. La cession de leur entreprise représente souvent un « golden parachute » compensant une retraite souvent mal préparée d’un point de vue financier. Certains comptent donc beaucoup dessus car ils savent que leur retraite sera vraiment faible.
  • Il y a l’effet « bulle » ou, pour certains, l’effet « Stephane Plazza » : dans l’émission du fameux agent immobilier, un certain nombre de personnes indiquent, lorsque celui-ci leur dit que le prix de mise en vente de leur maison est bien trop élevé, qu’ils ont déterminé le prix non pas en fonction du marché, mais parce qu’ils ont besoin de cet argent pour s’offrir la maison de leurs rêves ! Le prix demandé est totalement dé-corrélé avec la réalité du marché. Pour cette raison, ou simplement parce qu’ils entendent ces histoires de sociétés qui se vendent à des prix fous, certains surévaluent beaucoup trop la valeur de leur entreprise, rendant moins intéressant la reprise d’une entreprise à céder pour cause de retraite.
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  • Certains dirigeants se sentant proches de la retraite « lèvent le pied », diminuant les investissements, la recherche de nouvelles opportunités, etc. Si l’activité n’en pâtit pas forcément, les perspectives d’avenir peuvent être sérieusement altérées. Ainsi il faudra pour certains cas prévoir une enveloppe significative pour « relancer la machine ». Ce point sera détaillé ci-dessous dans le paragraphe « L’entreprise à céder pour cause de retraite : une belle endormie ? ».

Si certains entrepreneurs proches de la retraite vont favoriser la transmission de leur « enfant » à une personne qui saura reprendre la suite dans un état d’esprit qui leur est cher, rare sont ceux qui sont prêt à le faire au détriment du prix de vente !

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Près d’une entreprise à céder pour cause de retraite sur deux ne trouvera pas preneur

Si près d’une entreprise à céder pour cause de retraite sur 2 ne trouvera pas preneur, c’est d’abord du fait du cédant… qui n’en est finalement pas vraiment un.

N’oublions pas que beaucoup de chef d’entreprise sont très attachés à ce qui a été leur vie, et ne recherchent pas qu’un repreneur, mais presque un fils(fille) spirituel(le), un alter-ego.

Il y aurait un rapport de 1 à 5 entre intentions fermes et à court terme de cessions après 60 ans et réalité de ces opérations pour les TPE : beaucoup « voudraient » transmettre leur entreprise en théorie, ils commencent les démarches, mais ne vont jamais au bout, car ils ne sont pas réellement vendeurs… soit parce qu’ils trouvent que les candidats ne sont pas à la hauteur, soit parce qu’ils ont du mal à envisager de « lâcher le volant », ou simplement parce que la valeur annoncée de leur entreprise ne leur convient pas.

Seuls 37% des entrepreneurs individuels trouveront repreneurs !

Contactez-nous, nous trouverons le repreneur qu’il vous faut !
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L’entreprise à céder pour cause de retraite : une belle endormie ?

Envies de prendre plus de temps pour soit, activité qui tourne toute seule, besoin de ralentir le rythme, raisons médicales, … quelle qu’en soit la raison, beaucoup de chefs d’entreprises lèvent le pied quelques années avant l’âge de la retraite.

Plusieurs cas de figure se présentent, certains constituant de réelles opportunités pour les repreneurs, d’autres des points auxquels il faut faire très attention. Car l’entreprise à céder pour cause de retraite peut être une belle endormie … ou un cadeau empoisonné.

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Cas n°1 : le dirigeant proche de la retraite a décidé de lever le pied, car l’activité tourne toute seule, et il ne ressent pas le besoin de développer commercialement, de chercher de nouveaux débouchés, etc.

Ici il peut s’agir d’une aubaine : si l’entreprise tourne déjà bien en l’état, avec une approche plus dynamique vous pourrez la faire décoller de plus belle ! De plus, avec le projet de la loi de finances 2025, des abattements fiscaux peuvent être appliqué.

Attention néanmoins au grand classique des annonces : « belle opportunité, gros potentiel de développement, le dirigeant actuel n’ayant jamais fait de développement commercial » :

  • Peut-être que le gérant actuel n’a jamais eu le temps – donc vous non plus vous ne l’aurez pas, sauf à embaucher quelqu’un.
  • Ce n’est pas une raison d’augmenter la valeur de cession de l’entreprise : c’est vous qui allez bosser pour obtenir ce potentiel.

Cas N°2 : le futur retraité à laisser évoluer son activité tranquillement, mais a cessé d’investir. Là, il peut y avoir un point d’achoppement important quant à l’intérêt de reprendre une entreprise à céder pour cause de retraite.

En effet, cela signifie non seulement que vous allez avoir pas mal de retard à rattraper (par rapport à des concurrents qui eux auront continué à investir), mais aussi qu’il vous faudra prévoir une enveloppe supplémentaire et beaucoup d’huile de coude pour combler l’écart.

Cas N° 3 : le chef d’entreprise a complètement « lâché l’affaire », cas assez symptomatique du cédant qui a vu plusieurs repreneurs potentiels se positionner, mais qui n’a jamais vu un dossier aller au bout. Certains relâchent la pression dès qu’ils ont une personne intéressée, sentant la retraite proche, mais lorsque le dossier tombe à l’eau, ils ont du mal à se remettre au travail. Ils retardent les investissements, car après tout, ils ont déjà dû baisser le prix de vente, ils ne vont pas non plus investir pour le repreneur… et un nouveau dossier de reprise tombe à l’eau, même schéma.

Arrive le moment où l’entreprise est en difficulté, et le cédant n’attend qu’une chose, c’est de quitter le navire !

Certes cela peut permettre de racheter le fonds de commerce ou les parts à moindre prix, mais vous risquez de trouver pas mal de cadavres dans les placards.

Cas N°4 : le cédant continue à gérer de bout en bout son affaire jusqu’à la cession, sans faillir, toujours sur le pont. Il est prêt à céder, mais aussi prêt à continuer si le deal ne se fait pas.

Dans ce cas pas de surprises en général, l’entreprise à céder pour cause de retraite présente l’avantage d’être « prête à l’emploi », mais ne réserve à priori pas d’axes d’évolution faciles à identifier.

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Récapitulatif des points clés pour bien reprendre une entreprise à céder pour cause de retraite.

Ainsi, si vous décidez de reprendre une entreprise à céder pour cause de retraite, pensez à considérer un certain nombre de points :

  • Depuis combien de temps le cédant a-t-il mis en vente son entreprise dans l’objectif de prendre sa retraite ?
  • Depuis ce moment, comment évolue le chiffre d’affaires ? Y-a-t-il de nouveaux clients significatifs ou a-t-il décidé d’attendre gentiment la cession ?
  • Combien de repreneurs potentiel se sont présentés pour reprendre cette entreprise à céder pour cause de retraite ? Combien de dossiers n’ont pas abouti ? Peut-être avaient-ils de bonnes raisons …
  • Le niveau d’investissement (communication, recherches, etc) a-t-il été maintenu ?
  • Les salariés historiques sont-ils restés dans l’entreprise ? N’y a-t-il pas eu de défections de salariés sentant qu’il était temps de quitter le navire … ?
  • Y-a-t-il au contraire de belles opportunités inexploitées par le cédant, qui permettrait de rentabiliser rapidement votre investissement ?
  • Etc…
Prendre contact avec un expert en cession !
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Où trouver une entreprise à céder pour cause de retraite ?

S’il n’y a pas de site internet spécialisé sur le créneau de l’entreprise à céder pour cause de retraite, vous serez plus à même de rencontrer ce type d’affaires sur certains sites tels que :

  • Le site du CRA : le Club des Cédants et Repreneurs d’Affaires. Le CRA regroupe plus de 200 bénévoles, anciens chefs d’entreprises, qui accompagnent les cédants et repreneurs d’entreprises à travers les 72 délégations régionales.
  • Le site des CCI – CMA, alias Transentreprise : c’est le « réseau de la transmission/reprise d’entreprises des Chambres de Commerce et d’Industrie et des Chambres de Métiers et de l’Artisanat ».
  • Le site de PME à Vendre ! : site d’annonces spécialisé sur la cession d’entreprises et fonds de commerce, il propose un filtre permettant d’identifier les affaires à céder pour cause de départ à la retraite.

Ils ne sont pas les seuls à proposer des offres sur le créneau de l’entreprise à céder pour cause de retraite. Mais leur proportion est plus importante, du fait de leur fonctionnement, de leurs réseaux et de leur présence historique.

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Spécialistes de la cession d’entreprise, nous accompagnons et conseillons les chef(fe)s d’entreprise dans leurs projets de cession ou d’acquisition.

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Le crédit vendeur dans le cadre de la cession d’entreprise

Le crédit vendeur et la cession d’entreprise

Le crédit vendeur est un outil régulièrement utilisé, permettant souvent de faciliter le financement de l’opération de cession. Ce mode de financement, qui porte généralement sur 20 à 30% du total de la transaction, présente des avantages pour les deux parties, mais aussi quelques aspects à prendre en compte.

Voici quelques éléments pour mieux comprendre ce qu’est un crédit vendeur et comment il fonctionne dans le cadre de la vente d’une entreprise :

  1. Présentation du crédit vendeur
  2. Fonctionnement du crédit vendeur dans le cadre d’une cession d’entreprise
  3. Les atouts du crédit vendeur pour la cession – acquisition d’une entreprise
  4. Les limites du crédit vendeur
  5. La fiscalité du crédit vendeur
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Crédit vendeur et la vente d’une entreprise

Le crédit vendeur est donc d’abord un outil faisant partie de la palette des modes de financements, par lequel le cédant d’une entreprise (ou fonds de commerce) accorde un prêt à son acquéreur.

Le vendeur recevra donc une partie du prix convenu à la signature de la vente, et l’autre partie par la suite, selon des conditions convenues entre les parties.

Par exemple, Si M. Dupont cède son entreprise avec 20% du prix en crédit vendeur, il touchera dans un premier temps 80% du prix, puis les 20 % selon les conditions définies dans les termes du « crédit » : un paiement annuel (lors des remontées de dividendes), trimestriel, mensuel, avec ou sans période sans paiement … tout est possible (tant que cela reste légal bien sûr).

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Fonctionnement du crédit vendeur dans le cadre d’une cession d’entreprise

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Le crédit vendeur est un acte authentique rédigé par un notaire. Attention contrairement à ce que l’on pourrait penser, la garantie d’actif et de passif ne couvre en rien le prêteur sur le sujet : cela n’a rien à voir à proprement parler avec la cession, c’est un acte juridiquement différent.

Il contient un certain nombre de mentions obligatoires telles que le montant du prêt, le taux d’intérêt, la durée et les frais annexes. Le taux d’intérêt est librement fixé par les deux parties. Il peut donc être égal à zéro.

Afin d’assurer le remboursement de la dette, le notaire prendra une garantie sur le bien vendu au profit du vendeur dénommée « privilège du prêteur de deniers ».

Utilisé dans le cadre de la vente d’une TPE-PME ou d’un fonds de commerce, le crédit vendeur est généralement accordé sur une durée de trois ans ; il représente en moyenne 20 % du prix de vente total, pouvant monter jusqu’à 50%.

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Les atouts du crédit vendeur pour la cession / l’acquisition d’une entreprise

Le financement d’une acquisition d’entreprise est toujours une opération sensible, dans laquelle une partie est financée par la banque du repreneur. Celle-ci sera toujours rassurée par un crédit-vendeur, car elle montre la confiance du cédant envers son repreneur et la confiance en la pérennité de son activité.

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 Ainsi pour le repreneur, le crédit vendeur présente l’avantage de faciliter l’obtention du financement nécessaire à l’acquisition.

Le cédant quant à lui pourra, grâce à cet outil, être plus exigeant sur d’autres aspects comme sur le prix de vente, ou sur des points de négociation non financiers. Par ailleurs il peut ainsi permettre à un repreneur disposant d’un dossier légèrement moins bon que nécessaire de pouvoir réaliser l’opération.

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Les limites du crédit vendeur

En accordant un crédit vendeur à l’acquéreur, le cédant prend évidemment un risque même s’il est couvert par certaines garanties.

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En effet le crédit vendeur reste en soit un crédit accordé à un tiers ; si ce tiers venait à être défaillant, le cédant devra entrer dans un processus souvent désagréable afin d’espérer pouvoir récupérer son dû. Et sans pour autant parler d’un refus de payer ou d’un problème de gestion, il peut simplement s’agir d’un accident de la vie qui va mettre à mal le nouveau gérant ou une crise sanitaire qui va toucher tout le secteur d’activité…

Il est donc important d’être accompagné par un avocat en droit des affaires qui mettra en place toutes les garanties optimales (comme une caution personnelle du repreneur par exemple) afin de faciliter le recouvrement des sommes en cas de pépin.

Pour l’acquéreur, il n’y a à priori pas de réel point négatif à ce type de montage ! Si vous en avez en tête, n’hésitez pas à nous en faire part !

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La fiscalité du crédit-vendeur dans le cadre d’une cession d’entreprise

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La loi de finance rectificative pour 2015, et pour les cessions conclues à partir du 1er janvier 2016, autorise le cédant qui accorde un crédit-vendeur à régler son impôt sur les plus-values de cession au rythme des paiements faits par le repreneur, et ce, sur une durée maximale de 5 ans. Toutefois, cette mesure est limitée aux entreprises de moins de 10 salariés ou dont le chiffre d’affaires ne dépasse 2 millions d’euros.

Le crédit vendeur est un outil tout à fait pertinent dans le cadre de la cession et l’acquisition d’une entreprise. Il peut être d’ailleurs utilisé concomitamment à d’autres outils de financement, ainsi qu’à des aides à la reprise d’entreprise

Il peut par ailleurs être concomitant à une clause d’earn-out.

Pour plus de détails concernant la fiscalité de la cession d’entreprise, retrouvez notre article dédié.

Et enfin voici une lecture complémentaire intéressante concernant le crédit vendeur sur le site de la BPI.

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Spécialistes de la cession d’entreprise, nous accompagnons et conseillons les chef(fe)s d’entreprise dans leurs projets de cession ou d’acquisition.